B. Hamon, candidat du PS... Déclaration du PCRF

Au len­de­main de la "pri­maire" du PS, le Comité exé­cu­tif poli­ti­que du Parti Communiste Révolutionnaire de France fait la décla­ra­tion ci-des­sous. (Texte en ver­sion pdf télé­char­gea­ble sous l’arti­cle)

A priori, les can­di­dats aux élections pré­si­den­tiel­les sont main­te­nant connus. Le der­nier en date, le rocar­dien Hamon, a battu le rocar­dien Valls et est devenu le can­di­dat du PS.

Le PCRF ne peut que dénon­cer une nou­velle fois la cam­pa­gne scan­da­leuse menée par l’ensem­ble du sys­tème, privé et public, de pro­pa­gande et de com­mu­ni­ca­tion de la bour­geoi­sie, pour tenter d’impo­ser, au tra­vers de pré­ten­dues pri­mai­res, l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion non pas du simple bipar­tisme, mais d’un « bi-mou­ve­men­tisme » visant à dis­cré­di­ter et à réduire à la por­tion congrue (si ce n’est à éliminer) les partis poli­ti­ques. Mais la crise poli­ti­que, dont les raci­nes remon­tent aux années Mitterrand, s’est aigui­sée à un tel point que la recom­po­si­tion poli­ti­que préa­la­ble­ment envi­sa­gée par les forces du Capital semble insuf­fi­sante pour réta­blir le consen­sus poli­ti­que dont elles ont besoin pour faire face à la crise économique, retrou­ver les condi­tions favo­ra­bles pour l’accu­mu­la­tion capi­ta­liste et aggra­ver l’exploi­ta­tion des tra­vailleurs. C’est la raison pour laquelle on assiste à une pous­sée du « mou­ve­men­tisme » (ras­sem­ble­ment der­rière un leader qui donne l’orien­ta­tion, qui nomme les diri­geants…), dont Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, sans pri­maire, sont par­ties pre­nan­tes.

Le rocar­dien Hamon, comme l’ensem­ble des fron­deurs du PS, qui a cau­tionné par son atti­tude le gou­ver­ne­ment Ayrault, ne sau­rait en rien être un can­di­dat favo­ra­ble aux cou­ches popu­lai­res et à la classe ouvrière. Comme son maître Michel Rocard, et comme tous les ours savants de la social-démo­cra­tie, il a ce mépris du peuple à qui on fait des pro­mes­ses en trompe-l’œil, pour, dès qu’on est élu, les mettre au ran­cart. Comme son maître Michel Rocard, il est passé maître dans l’art d’uti­li­ser une phrase « de gauche » pour mieux faire ava­li­ser une poli­ti­que d’atta­que contre les droits et les condi­tions de vie et de tra­vail des tra­vailleurs. Ce mon­sieur, pen­dant les cinq années qui vien­nent de s’écouler, non seu­le­ment a été minis­tre de Hollande, mais au-delà de ses poses d’oppo­sant, a tou­jours fait en sorte par ses votes et ceux de ses amis, que la majo­rité pré­si­den­tielle conti­nue sa sale poli­ti­que anti-ouvrière, de mise en cause des liber­tés démo­cra­ti­ques (état d’urgence, lois sur le ren­sei­gne­ment, ANI, loi Macron, loi El Khomri, réforme du code pénal, réforme des élections loca­les et ter­ri­to­ria­les, etc …), mais aussi de guerre, au Moyen-Orient comme en Ukraine, ou pour main­te­nir la domi­na­tion de l’impé­ria­lisme fran­çais comme au Mali, en Centre Afrique… Toute sa déma­go­gie appa­raît avec son projet de revenu uni­ver­sel de base lors­que à peine intro­nisé, il ren­voie à 2022 cette pré­ten­due mesure phare sur laquelle il a fait bavar­der pen­dant un mois ! Afin, sûre­ment, d’en peau­fi­ner les retom­bées dan­ge­reu­ses qu’elle recèle pour les tra­vailleurs : fin des allo­ca­tions chô­mage, mise sur la touche de la force de tra­vail fémi­nine, ren­for­ce­ment de l’assis­ta­nat, etc. Cela permet de pren­dre la mesure de l’ensem­ble de ses pro­po­si­tions : elles ne sont pas des­ti­nées à être appli­quées si par hasard il était élu, ce que confirme son pro­gramme économique, qui s’ins­crit dans la conti­nuité de Hollande en matière d’aide au Capital et aux capi­ta­lis­tes !

Dans ces condi­tions, on ne peut que dénon­cer la direc­tion du PCF qui, par la voix de son porte-parole, s’empresse de tenter de res­sus­ci­ter le mythe d’un PS dans le camp popu­laire, jouant sur les deux tableaux de la recom­po­si­tion social-démo­crate  : d’un côté en sou­te­nant Jean-Luc Mélenchon et son pro­gramme d’un Syriza ou Podemos à la fran­çaise, de l’autre en saluant Hamon, favo­ra­ble au main­tien de la social-démo­cra­tie tra­di­tion­nelle, et en appe­lant à un large ras­sem­ble­ment « à gauche ». Une chose est sûre : les deux pro­po­sent une autre façon de gérer les affai­res du capi­ta­lisme, avec la béné­dic­tion du PCF, qui au demeu­rant se préoc­cupe plus de son avenir par­le­men­taire !

À l’étape actuelle de la cam­pa­gne électorale, un autre élément vient d’aggra­ver la crise poli­ti­que : l’affaire Fillon (les affai­res !) tra­duit le fait que, pour la bour­geoi­sie, c’est bien une recom­po­si­tion en pro­fon­deur de la vie poli­ti­que dont il s’agit ; il faut que tout change (les forces poli­ti­ques) pour que rien ne change (le sys­tème capi­ta­liste). C’est Macron qui, aujourd’hui, semble être le can­di­dat de la bour­geoi­sie mono­po­liste pour les élections, et pour donner la réfé­rence de la recom­po­si­tion : un mou­ve­ment regrou­pant une large partie des socia­lis­tes et des cen­tris­tes, une partie du parti LR, lié direc­te­ment aux repré­sen­tants du grand Capital ! Au nom de la moder­ni­sa­tion, et de quel­ques faus­ses larmes sur le sort des plus pau­vres, l’objec­tif est de tenter de casser toute résis­tance de la classe ouvrière, comme Blair l’a fait au Royaume-Uni. En ce 30 jan­vier 2017, nous avons un avant-goût des effets de la poli­ti­que de ce commis de la banque Rothschild : deux dra­ma­ti­ques acci­dents de la route liés au déve­lop­pe­ment des trans­ports par auto­car, au cœur de la loi Macron !

Dans ces condi­tions, avec en arrière-plan un Front National en embus­cade, prêt à se repaî­tre des scan­da­les (même s’il n’est pas épargné), dont la réa­lité du pro­gramme économique et social n’est guère dif­fé­rente de celle des autres en ce qui concerne l’accep­ta­tion du capi­ta­lisme et les poli­ti­ques à suivre, mais qui recourt à la déma­go­gie popu­liste, natio­na­liste et xéno­phobe, les tra­vailleurs, les démo­cra­tes, doi­vent consi­dé­rer qu’à ces élections pré­si­den­tiel­les, ils n’ont pas de can­di­dat pour lequel voter ! Tous feront une poli­ti­que pour le patro­nat, pour les action­nai­res, contre les tra­vailleurs ! Tous, quoi qu’ils disent, uti­li­se­ront l’Union Européenne et l’Euro d’une manière ou d’une autre pour jus­ti­fier leur poli­ti­que qui sera mar­quée par l’aus­té­rité, le chô­mage, le recul des droits à la retraite, la baisse des salai­res, etc. Pour impor­tant que soit ce qui les dif­fé­ren­cie sur tel ou tel point, c’est secondaire par rap­port au fait que tous pré­ten­dent gérer le capi­ta­lisme, ce régime qui est la cause du chô­mage, de la misère, de la non satis­fac­tion des besoins, de la menace de guerre, des bas salai­res, des mau­vai­ses condi­tions de tra­vail.

Ce qui est à l’ordre du jour pour nous, les vic­ti­mes de ce sys­tème, ce n’est pas de voter pour tel ou tel can­di­dat de la bour­geoi­sie parce qu’il serait plus à gauche qu’un autre !
Ce qui est à l’ordre du jour, c’est de ren­for­cer le syn­di­ca­lisme de lutte des clas­ses pour mettre en échec leurs poli­ti­ques, c’est d’adhé­rer à notre Parti Communiste Révolutionnaire de France pour s’atta­quer au capi­ta­lisme, son Union euro­péenne, son OTAN, pour pré­pa­rer le moment de son ren­ver­se­ment, pour édifier une société socia­liste vers le com­mu­nisme !

Paris, le 30 jan­vier 2017

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