Législatives : raz-de-marée en trompe-l’œil pour la bourgeoisie

Communiqué du Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF)

Le pre­mier tour des élections légis­la­ti­ves confirme l’ampleur de la crise poli­ti­que grave que tra­verse notre pays depuis plu­sieurs années. On assiste à une recom­po­si­tion du cadre poli­ti­que, équivalente à celle de 1958.
Le parti socia­liste, repré­sen­tant tra­di­tion­nel­le­ment la social-démo­cra­tie et le cou­rant réfor­miste, sort exsan­gue des consul­ta­tions électorales, l’essen­tiel de ses cadres et élus ayant rejoint La République en Marche ( en réa­lité « La "Réaction" en Marche »), comme cela avait été le cas en 1940 avec le ral­lie­ment à Pétain.
Le PCF, s’il conser­vera semble-t-il quel­ques dépu­tés, est au bord de la dis­pa­ri­tion. Partout où La France Insoumise (LFI) a imposé ses can­di­dats contre lui, les can­di­dats de LFI l’ont emporté.
La France Insoumise de Mélenchon ne par­vient pas cepen­dant à occu­per la place du PCF ni celle du PS.
La droite clas­si­que, repré­sen­tée par LR, subit, elle aussi, une défaite impor­tante.
Quant au Front National, démons­tra­tion est faite que ce parti ne repré­sente pas, pour le moment, une carte d’alter­na­tive poli­ti­que pour la bour­geoi­sie. Il se confirme qu’il s’agit d’un épouvantail des­tiné à occulter les choix réels et à per­met­tre à la grande bour­geoi­sie de réa­li­ser un consen­sus autour des grands axes de la poli­ti­que dont elle a besoin tant au niveau inté­rieur qu’au niveau de l’Union Européenne.

De ce point de vue, la grande bour­geoi­sie a incontes­ta­ble­ment marqué des points : La « Réaction en Marche » est en passe de rem­por­ter les deux tiers des sièges. LR sera le groupe par­le­men­taire le plus impor­tant hors de celle-ci. Il est évident que les pro­jets anti­so­ciaux, sau­va­ges, que pré­pare Macron, auront l’appro­ba­tion, pour l’essen­tiel, du parti qui jusqu’ici repré­sen­tait, et conti­nue de repré­sen­ter la grande bour­geoi­sie mono­po­liste. Cette der­nière est donc repré­sen­tée par deux partis que de sim­ples nuan­ces peu­vent sépa­rer, mais que l’essen­tiel unit : la défense du capi­ta­lisme et de l’impé­ria­lisme fran­çais. La com­po­si­tion du gou­ver­ne­ment est l’illus­tra­tion frap­pante de cette réa­lité.

Cependant la vic­toire de la grande bour­geoi­sie est limi­tée ; le raz-de-marée en sièges n’a lieu que par le carac­tère anti-démo­cra­ti­que du sys­tème électoral : avec 32% des expri­més, pou­voir obte­nir 70% des sièges, c’est une cari­ca­ture du pré­tendu sys­tème repré­sen­ta­tif ! C’est l’illus­tra­tion du fait que depuis 1958, la France n’est plus une démo­cra­tie bour­geoise, mais un régime pré­si­den­tiel de pou­voir per­son­nel au ser­vice exclu­sif des mono­po­les et des grou­pes finan­ciers. Pire encore, les 70% de dépu­tés ne vont repré­sen­ter que 15,39% des électeurs ins­crits : car si aux Présidentielles, un tiers de l’électorat a refusé de choi­sir entre la peste et le cho­léra, les élections légis­la­ti­ves sont mar­quées par un taux d’abs­ten­tion (plus les blancs et nuls) de 53,2%, taux sans pré­cé­dent à ce type d’élections depuis 1848, date des pre­miè­res élections légis­la­ti­ves au suf­frage uni­ver­sel ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un raz-de-marée sans… eau ! Le mépris des com­men­ta­teurs de toutes sortes ne sau­rait mas­quer que cette abs­ten­tion résulte d’une atti­tude de classe : ce sont les milieux popu­lai­res, la classe ouvrière, qui se sont mas­si­ve­ment abs­te­nus, la France du tra­vail, de la pré­ca­rité et du chô­mage. Non pas par désin­té­rêt ou las­si­tude, mais par colère ou scep­ti­cisme : au sortir de cinq ans de ges­tion sociale-démo­crate, qui a mieux fait com­pren­dre le carac­tère de parti au ser­vice de la bour­geoi­sie du PS, le scan­da­leux ral­lie­ment du PCF au vote Macron au second tour (comme celui de Martinez à la CGT), ses appels du pied aux res­ca­pés du PS, les ater­moie­ments de Mélenchon, leurs riva­li­tés électorales, le fait qu’ils s’insé­raient les uns comme les autres dans une pers­pec­tive de ges­tion des affai­res du capi­ta­lisme, tout cela n’était pas sus­cep­ti­ble de mobi­li­ser les masses popu­lai­res.

La crise poli­ti­que ne se résorbe pas, elle s’appro­fon­dit sur fond de crise du capi­ta­lisme ! Sur tous les plans, la poli­ti­que qui va être mise en œuvre va avoir des consé­quen­ces tra­gi­ques pour notre peuple. Plus que jamais, il faut un nou­veau Parti Communiste au pro­lé­ta­riat, aux cou­ches popu­lai­res, à la jeu­nesse.

Le 18 juin 2017 aura lieu le second tour des élections légis­la­ti­ves. Le Parti Communiste Révolutionnaire de France appelle les tra­vailleurs à reje­ter les can­di­dats LR, FN, LRM/MODEM et du PS, cela quel que soit le cas de figure. Pour le reste, tenant compte des situa­tions loca­les, notre parti appelle à reje­ter tous ceux qui de fait ont appelé à voter Macron au second tour des Présidentielles, tous ceux qui prô­nent l’Europe sociale au lieu de com­bat­tre l’Union Européenne du Capital, tous ceux qui ont une atti­tude com­plai­sante avec les forces qui veu­lent notam­ment détruire la République arabe syrienne.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France remer­cie les électeurs qui ont voté pour ses can­di­dats. Il les appelle à le rejoin­dre dès main­te­nant pour recons­truire un Parti Communiste capa­ble d’ouvrir une pers­pec­tive révo­lu­tion­naire à notre peuple.

Au-delà, nous appe­lons tous ceux qui se consi­dè­rent comme com­mu­nis­tes dans ce pays, qu’ils soient orga­ni­sés ou non, mem­bres du PCF ou l’ayant quitté, à se ren­contrer pour dis­cu­ter :
- de la pers­pec­tive de refon­da­tion d’un parti révo­lu­tion­naire, fon­dant sa poli­ti­que sur le marxisme-léni­nisme et l’inter­na­tio­na­lisme pro­lé­ta­rien, s’appuyant fiè­re­ment sur son his­toire et sur celle du mou­ve­ment com­mu­niste inter­na­tio­nal, et dont l’objec­tif est le ren­ver­se­ment révo­lu­tion­naire du capi­ta­lisme et son rem­pla­ce­ment par le socia­lisme-com­mu­nisme !
- de l’orga­ni­sa­tion de la classe ouvrière et des masses popu­lai­res pour affron­ter la poli­ti­que d’agres­sion des mono­po­les et de leur repré­sen­tant Macron.

Paris, le 12 juin 2017

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